Comprendre le water-polo : un sport plus exigeant qu'il n'y paraît

Comprendre le water-polo : un sport plus exigeant qu'il n'y paraît
Extrait du podcast Plongée dans le Grand Bain, avec Thomas Berger, ancien international français et entraîneur à Marseille.
Le sport en deux phrases
Le water-polo est un sport collectif qui se joue dans une piscine de deux mètres de profondeur minimum, avec deux équipes de sept joueurs dont un gardien. L'objectif est simple : mettre la balle dans le but adverse. Ce qui l'est moins, c'est qu'il faut le faire sans jamais avoir pied, en nageant pendant 32 minutes effectives, et en encaissant des contacts qu'on ne soupçonne pas depuis les tribunes.
Une exigence physique extrême
Une étude de l'université de Belgrade a montré qu'un joueur parcourt environ 5 kilomètres par match, dont 30 % en sprint. Et tout ça en restant à la verticale, avec le mouvement qu'on appelle le rétropédalage — egg-beater en anglais — un battement des jambes en cercles alternés qui maintient le buste hors de l'eau.
L'égreneur, geste fondateur
On l'apprend dès les premières années. Au début, on coule toutes les trois secondes, et puis un jour le corps comprend, et on peut tenir une heure trente sans toucher le fond.
C'est la base de tout : sans bon égreneur, pas de tir, pas de passe précise, pas de défense. Tout repose sur cette capacité à se maintenir stable, le buste hors de l'eau, prêt à recevoir, à passer, à tirer.
Un sport invisible aux yeux du public
Mets une GoPro sous l'eau et tu verras le match d'un autre œil.
Les images calmes de la télévision sont trompeuses. Le water-polo est l'un de ces sports qui se vit en immersion : il faut être au bord du bassin pour entendre les souffles, voir les regards, comprendre la tension constante entre deux phases de jeu.